Blackmagic Pocket Camera : Perfectionnement ou version allégée de la Blackmagic Cinema Camera 2.5K ?

La Backmagic Pocket Cinema Camera (BMPCC) est présentée comme la petite sœur de la BMCC pour diverses raisons : sa taille mini, sa résolution d’image, son type de monture... Mais en réalité, la Blackmagic Pocket Cinema Camera ne serait-elle pas un perfectionnement technique plutôt qu’une simple version ultra-light de la Blackmagic Cinema Camera 2.5K ?

COMPARAISON DE LA BMPCC ET LA BMCC

La Blackmagic Magic Cinema Camera est présentée comme une caméra que l’on peut tenir dans la main tandis que la Blackmagic Pocket Camera comme une caméra au format de poche. L’écart se joue donc à peu : quelques grammes et quelques centimètres. Pour étoffer ce premier constat, la comparaison entre ces deux petites caméras se basera sur une analyse plus poussée des caractéristiques de chacune par rapport à leur prix annoncé.

Suite au communiqué de presse de Blackmagic Design du 12 novembre 2013, la BMPCC s’est retrouvée dans la même cour que la BMCC grâce à la nouvelle version 1,5 du logiciel BlackMagic Camera Software. Il est désormais possible d’enregistrer au format CinemaDNG RAW 12-bits sur la Pocket, et donc de bénéficier d’un enregistrement en RAW avec une large plage de dynamique où les hautes et basses lumières peuvent être capturées de façon simultanée et très correcte.

Les deux boîtiers enregistrent en ProRes 422 (10bits) et CinemaDNG RAW (12bits) et encaissent le même nombre de diaph, à savoir 13. Evidemment, le débit d’enregistrement est assez conséquent et le support d’enregistrement de la Blackmagic Pocket se fait sur carte SD, il est donc préférable d’utiliser une carte SD Extreme Pro 90mb/s (la durée de l’enregistrement sera d’environ 15 minutes…).

Contrairement à la Blackmagic Cinema Camera, la batterie de la Pocket Camera se retire et se replace facilement. Même si celle-ci a très peu d’autonomie (1 heure seulement), vous aurez toujours la possibilité de glisser deux autres batteries dans votre poche. Et il aurait été étonnant qu’avec sa taille d’APN, le branchement sur secteur soit une obligation.

Concernant les différences de paramétrages dans les menus, il n’y en a aucune - il n’y a d’ailleurs qu’un seul mode d’emploi pour tous les modèles. L’écran LCD n’est pas tactile et 3 touches fonctionnelles sont positionnées sur son côté : une touche pour gérer le focus, une autre pour l’iris et une commande multi-touches à 4 directions qui permet de ?.

Une autre différence, non négligeable, concerne la taille du capteur. Celui de la BMPCC est de la même génération que la BMCC 2,5K mais la zone effective est de 12,48 x 7,02mm, proche de celle du format Super 16 (ratio d’environ 1,66 :1) alors que la BMCC est de 15,81 x 8,88mm. Pour les deux boîtiers, la relation capteur/monture MFT entraine un crop dans l’image d’un facteur de 3.

Heureusement, début décembre, Metabones a sorti son tout nouveau SpeedBooster permettant de convertir la focale d’origine des optiques au format du capteur. Le coefficient n’est plus de 3 mais de 0,64x pour la BMCC et de 0,58x pour la Pocket. Le tout permettant de  gagner une ouverture de diaph mais aussi de conserver ses vieilles optiques.

UN FORMAT DE POCHE

Sur le site de Blackmagic Design, l’argument commercial est le suivant : « Conçue pour être la caméra numérique la plus compacte au monde ». La Pocket est un format de poche, similaire à un APN compact mais avec des caractéristiques professionnelles : un capteur Micro 4/3, qui encaisse 13 diaphs de latitude capable d’enregistrer avec des codecs performants. Mais bien entendu, si vous installez une optique PL sur la BMPCC, elle ne sera plus du tout mini-format !

L’avantage de ce boîtier est de pouvoir envisager de nouveaux usages sur un tournage. Il est si petit qu’il est facile de filmer certains plans qu’il serait très difficile de filmer avec des configurations de caméras cinéma : en le plaçant par exemple dans des décors pour obtenir un autre point de vue, dans des scènes de cascade pour obtenir des visions subjectives, etc… Le tout en conservant une bonne qualité d’image et avec des formats interopérables.
Il est inutile de comparer la Blackmagic Pocket Camera à des caméras cinéma puisqu’elle ne pourrait pas supporter un dispositif aussi lourd. Mieux vaut l’envisager comme une caméra qui offre une qualité d’image professionnelle à un prix abordable.

LAQUELLE CHOISIR ?

Ces deux caméras sont petites et de bonne qualité, mais ce qu’offre la Blackmagic Pocket Camera en terme de rapport qualité/prix est plus intéressant. Les défauts et les qualités que l’on trouve dans l’appareil correspondent peut-être plus au prix annoncé. Pour moins de 1 000 €, il est possible d’avoir une caméra compacte qui a des atouts novateurs mais dont les défauts ne lui permettent pas de prétendre être une caméra haut de gamme (balance des blancs, filtre ND, etc.)

La Blackmagic Pocket permet à un public plus large que celui de la BMCC, allant de l’amateur éclairé au professionnel, de découvrir un flux de production en RAW à moindre coût. Aussi, Blackmagic Design a développé son concept jusqu’au bout en donnant la possibilité de modifier les images sur le logiciel d’étalonnage DaVinci Resolve Lite en version gratuite.

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